ZENZILE

JEUDI 30 MAI

Emergence, émergence ! Non Zenzile n’a pas une gueule d’émergence. A une époque où il faudrait se précipiter sur le EP du moindre nouvel artiste porté par un buzz éphémère, le quintet angevin propose quelque chose de bien plus précieux : une carrière. Vingt ans et des poussières au service d’une musique personnelle, matérialisés par dix albums (plus quelques hors séries) à la tenue exemplaire. Un parcours presque sans fausse note ponctué de précieuses rencontres (Jamika, Sir Jean, Tricky, Paul St Hilaire, Winston McAnuff, Vincent Segal…) quicontribuèrent à enrichir une œuvre initialement dépourvue de voix.

 

Magistrales, les compositions du nouvel album le sont assurément. Mais ce qui éblouit plus que tout, c’est le travail de mixage. Sur les cinq chansons mais surtout sur les versions dub qui suivent chacune d’elle. Ça faisait longtemps qu’on n’avait entendu Zenzile aussi époustouflant dans sa façon de marier effets d’hier et d’aujourd’hui, de jouer de la chambre d’écho vintage, de glisser une dose homéopathique d’autotune, et de nous régaler de mises en avant d’un couple basse-batterie plus fusionnel que jamais. A trop s’éloigner du dub, celui-ci a fini par manquer à Zenzile, comme Zenzile a manqué au dub. On sent aujourd’hui, dans l’énergie développée sur ce quatrième 5+1, que ça démangeait Mathieu, Raggy, Werner, Vince et Alex d’y revenir. Ils l’ont fait de la plus belle des manières, en associant une fougue de débutants à un savoir-faire digne de vieux producteurs jamaïcains. Zenzile est de retour, avec Jayree et Jamika (sur scène) et l’on va voir qui sont les vrais patrons du dub en France.

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